mercredi 22 mai 2013

Clarisse Albrecht - Nao Posso Parar [Brand New]

Retour sur CrazySongz avec un petit son de fraîcheur "saudade", avec la délicieuse Clarisse Albrecht et son titre "Nao Posso Parar" et ses saveurs teinté de Bossa Nova. Née d'une mère camerounaise et d'un père français, Clarisse Albrecht est une authentique métisse contemporaine. Auteur-compositeur chantant dans un anglais et un portugais parfait. Elle vécu en Guinée-Bissau, Mozambique, France et Brésil  portant en elle une véritable myriade d'influences gorgées de soleil.

Savourez après le boulot, ça aide.

dimanche 10 mars 2013

Wiz Khalifa - O.N.I.F.C [Chronique]

De l'eau a coulé depuis un Rollin Papers (chronique à lire ici) fort sympathique. Ainsi Wiz Khalifa représente désormais une force majeure dans le Rap Game US. Un de ces nombreux jeunes loups (French Montana, Kendrick Lamar etc) aux dents longues avec qui il faudra composer d'une façon ou d'une autre. Oui, il y a bien un renouvellement progressif des acteurs majeurs de l'industrie, chacun prêt à détrôner les "vieux" Jigga, Fifty et Diddy du piédestal doré. Dans toutes cette mécanique bien huilée, les médias spécialisés déjà conquis et prêt à vous faire raquer met en avant ces nouvelles têtes. C'est ainsi, qu'on a pu entendre dans toutes les radios généralistes le fameux "Young Wild & Free" en compagnie de Uncle Snoop sur la soundtrack du film Mac & Devin. Constatons que le banger "à la cool" étant accessible et grand public le pur fan élitiste hésite entre la peur du renouveau (ou pas) ou la curiosité apportée par la fraîcheur de la nouvelle génération. Des interrogations dont Khalifa va tenter d'apporter un brin d'éclairement avec son second album : O.N.I.F.C.

O.N.I.F.C pour "Only Niggaz In First Class" (Rosa Parks approuvera), se trouve être dans la continuité de Rollin Papers. Attention cependant, à ma grande surprise O.N.I.F.C surprend par son approche d’efficience dans la continuité. Continuité pour le retour des Stargate à la prod sur "Work Hard Play Hard", laid back sur "Bluffin" et efficience pour les lyrics. De ce fait, force est de constater que le flow de Wiz a gagner en variété et en dynamisme le tout se laissant aller à quelques punchlines rigolotes et bien senties sans renier le flow "Start and Stop" propre a tout bon sudiste qui se respecte. Avec les différentes apparitions en feat sur les morceaux d'artistes comme Adam Levine de Maroon 5. Le fameux fan hardcore élitiste et sénile s’apprêtait déjà à brûler l'album de Khalifa au zipo pour usage de Pop à outrance. Nouvelle surprise encore une fois, il y a une petite rupture sur le coté Pop/Rap pour un retour vers des sonorités plus Black. L'ensemble est donc dans la continuité du premier opus mais accentue agréablement sur le coté chill.

Des morceaux où on s'imagine à la plage en sirotant un mojito, où les pieds en éventail entouré des amis. Voila l'esprit global de l'album, un trip sans prise de tête mis en avant par des titres tels que "The Bluff" feat Killa Cam, "Got Everything" ou "Fall Asleep" sur une prod de Pop Wansel. Un virage vers un Rnb parfaitement négocié ne tombant pas dans la guimauve habituelle, le petit contre pied nous viendra finalement du beat de Pharell "Rise Above" sous des air faussement Soulful du plus bel effet. L'efficience des lyrics et le chill venant de la weed font de ce nouvel album un opus sympa; mais peut être trop accessible/mainstream pour les plus tatillons d'entre nous. Une friandise à déguster sans risque mais qui prendra rapidement la poussière ou partira en fumée sur votre disque dur. Dans la continuité...

Roc Marciano - Reloaded [Chronique]

Après un Marcberg certifié classique par une poignée de spécialistes sans visages. Force est de constater que ce succès d'estime a permis à Roc Marciano de jouir d'une crédibilité toute neuve en plus de s'émanciper totalement de l'étiquette Flipmode Squad. Que faire cependant une fois au top ? Paniquer ? Anticiper la chute ou se lancer de nouveaux défis ?

Mieux, Marciano se livre à un Reloaded complet, avec un nouvel album qui sans rien inventer nous replonge avec maestria dans une époque où le Rap hardcore et bien crade dominait les charts. Produit quasi entièrement par Marciano à coups de sample, on se surprend à se laisser happer dans ce cocktail à la fois oppressant mais salvateur à l'heure où le Rap souffre d'une standardisation féroce dans les sonorités. Ainsi, les instru du rappeur de Long Island (NY) surprennent par le minimaliste et l’efficacité immédiate sur nos oreilles. Le tout couplé à des lyrics tranchantes, streets et crédibles. Trop convenu et générique pour certain, le flow de Roc n'invente pas l'eau chaude certes, mais il arrive pleinement à faire le pont entre un son street "à l'ancienne" tout en ayant pied dans notre époque. Une prouesse à saluer.

Ainsi, ce petit frère d'un OB4CL (oui j'ose) par son ambiance sentant la poudre et le piano; en témoigne des titres comme "Death Parade" ou "Emeralds" est à mettre dans les oreilles des plus initiés. On appréciera d'autant plus les efforts des producteurs extérieur à savoir Q-Tip (sur "Thread Counts") et Alchemist (sur l'excellent "Flash Gordon") pour coller à l'univers de l'ex Flipmode et non l'inverse comme c'est souvent le cas.

En définitive, en véritable fresque urbaine ce Reloaded surpasse largement Marcberg. Comme à une époque où les jeunes de l'époque fantasmait sur ces histoires à la Menace 2 Society, le dernier opus de Roc Marciano est taillé pour accompagner les bandes sons des films de genre. Pas pour rien qu'il fini 7ème de notre Top Album 2012 .

lundi 4 février 2013

Nas en Concert à L'Olympia - Lundi 11 Mars


Le rappeur Nas nous fait l'honneur d'un concert unique à Paris, le Lundi 11 Mars 2013. C'est sur la scène de l'Olympia à Paris; que la légende du Rap Us propose à ses fans une présentation live de son dernier album en date : Life is Good. Une fois n'est pas coutume, je vous recommande chaudement de réservez vos places le plus tôt possible, à moins que vous soyez friand des concerts sur Youtube.

Top 10 Rap Album 2012

Entre deux cuisses de dinde rôties goulûment englouties, CrazySongz est à la fête et vous souhaite une heureuse année 2013.  2012 est mort ! Vive 2013 ! Point de fiesta Maya à l'horizon. Sans plus attendre, l'heure est dorénavant au compte et au classement des meilleurs albums Rap 2012. L'année écoulée ayant marqué la confirmation d'une nouvelle génération au pouvoir. Let's take a look.



10
Rick Ross - God Forgive I Don't


Je ne suis pas fan de l'ex maton. Je ne suis pas fan du personnage (chronique de God Forgive à lire ici). Pourtant force est de constater que Rozay sait balancer des albums assez solides en net amélioration. Si vous n'aimez pas, faite au moins plaisir aux enceintes de votre voiture. Ambiance garantie. (écouter un extrait)


9
Action Bronson - Blue Chips


En 2012, tout le monde peut rapper. Ta soeur, ta mère, ton père, le pape, Sarkozy, Alain Soral, Justin Bieber. En mal ou en bien et en dépit de tout talents. Tout le monde aujourd'hui, prend le micro et balance quelques rimes. Dans cette mouvance, Action Bronson est un ex cuisinier (assez réputé parait il), reconverti en MC. Sauf que lui, a du talent dans et a su s'entourer (Alchemist) pour offrir une mixtape copieuse en attendant un album plus consistant. En tout cas, Blue Chips a le mérite d'ouvrir l’appétit. (écouter un extrait)


8
Joey Badass - 1999


Ce petit mec de 17 ans est la révélation de cette année 2012. Un flow technique assez "old school" pour un jeune de son age, une langue bien pendu, un charisme indéniable au micro. Je m'avance un peu mais je vois du Big L chez le nouveau Badass du Rap game. Dans le doute, (écoutez un extrait) et dites moi ce que vous en pensez. 


7

Roc Marciano - Reloaded


Le Gangsta Rap a vécu dans les 90, tomber en désuétude vit il encore aujourd'hui ? En toute vraisemblance la réponse est affirmative. Du coup, ce Reloaded de l'ex FlipMode balance un projet chapeauté par Q-Tip et The Alchemist, gage d'une qualité et d'un son purement street et Eastcoast. (écouter un extrait)


6
Schoolboy Q - Habits and Contradictions


A la sixième place, Schoolboy Q et son Habits and Contradictions. Un l'album dans la mouvance de ce que j'appelle personnellement le "neo-rap". C'est à dire un Rap moderne toujours street dans ses fondamentaux mais profondément marqué par des influences extérieure à la Black Music. En découle une oeuvre sans étiquette; ne sonnant pas Pop, ni  gangsta. Le genre d'urban music à écouter sans prétention et en toute simplicité dans un casque hors de prix. La marque de fabrique du Black Hippy crew de Kendrick Lamar sans aucun doute. (écouter un extrait)


5
Saigon - The Greatest Story Never Told Part 2 : Bread and Circuses


Saigon est un artiste que j'apprécie mais dont la poisse me rend assez perplexe. Une fois n'est pas coutume cette suite à l'excellent Greatest Story Never Told sorti en  2011 (lire la chronique) a connu une série de report assez intriguant (je chipote pour un mois de sorti décalé je sais). En ressort, une suite plus incisive et décomplexée le tout appuyer par les productions de son acolyte Just Blaze et DJ Corbett. Vivement un troisième ! (écouter un extrait)


4
Killer Mike - R.A.P Music


Sensation Rap en 2012, le R.A.P Music de Killer Mike signe l'album conscient et politique de cette cuvée 2012. Intouchable niveau punchlines et pertinent dans ses propos; en témoigne les morceaux tels que "Reagan", "Ghetto Gospel" ou "RAP Music". Il manque le podium de peu mais restera tout de même un des Must Have à posséder pour tous les amateurs d'un genre se faisant rare. (écoutez un extrait)


3
Ab Soul  - Control System


En troisième position nous trouvons l’énigmatique et poétique Ab Soul et son Control System. Sa troisième place me vaudra la lapidation de ma boite mail, pourtant en dépit d'une direction artistique de qualité incluant des sonorités inédite et une plume prometteuse. C'est bel et bien son comparse du Black Hippy qui lui grille la priorité. Tant que les honneurs restent dans la famille... (écoutez un extrait)


2
Kendrick Lamar - Good Kid, M.a.a.d City


J'imagine l'air désabusé et les commentaires type "WTF Kendrick Lamar n'est que second ? Terence O bosse donc en sous marin pour Skyrock et Fun Radio ?". 

Non cher lecteur, étant fan du rappeur californien, Kendrick Lamar est à mon sens le nouvel homme fort du Rap Game et il portera l'industrie pour les années à venir. Ou alors lisez ma chronique de Good Kid Maad City sans plus attendre, pour vous convaincre de ma bonne foi. Cependant, le jeunisme et la fougue bien qu'étant un bien nécessaire.  C'est bel et bien l’expérience qui a survolé ce classement 2012. (écoutez un extrait)




And the Winner is 



1

Nas - Life is Good


Nas n'a plus rien à prouver. Le Rap Game n'a plus rien à voir avec celui dans lequel il a débuté sa prolifique carrière en 1994. Pourtant; Beef avec Jay-Z enterré, soutien à la nouvelle génération (The Game, Kendrick Lamar), mariage (puis divorce) avec la sulfureuse Kelis. Nas semble s’être ranger et embourgeoisé; acceptant hommage et honneur tel un monstre sacré errant dans une époque qui le dépasse (cf: Hip Hop is dead). Pourtant, en clin d'oeil subtil à son titre "Life is Bitch" rappé avec son ami AZ, sort le dixième album Life is Good. Un exemple de maîtrise et de cohérence. Le rappeur de Queensbridge alliant un style 90 remis au gout du jour pour les oreilles de 2012. Succès populaire et critique, Life is Good est l'indispensable de 2012, l'album confirmant Nas comme le meilleur rappeur vivant. Oui, l’expérience reste un atout. Si nous n’êtes pas convaincu, je vous invite chaudement à lire (ou relire) ma chronique consacrée à l'album. (écouter un extrait)




Conclusion: "Si jeunesse savait, si vieillesse pouvait"

Sous cette citation d'Henri Etienne. 2012 confirme la poussée et le renouvellement de la scène  Rap par une jeunesse prompt à s'émanciper et à reprendre les rênes avec ses propres codes et influences. Pourtant, ce sont des albums comme ceux de Killer Mike ou Nas qui prouvent par l’expérience que les "vieux" ont encore de belles choses à offrir. Ainsi l'écrivain Lamennais écrivait: "De toutes les choses auxquelles on ne croit pas, l’expérience est celle à laquelle on croit le moins". A l'heure du jeunisme triomphant, voir Life is Good triompher est signe d'un Rap devenu mature. Quand sera t'il en 2013 ?

vendredi 25 janvier 2013

Kendrick Lamar - Good Kid, m.A.A.d City [Chronique]

La Westcoast Morte ! Cela pourrait sonner comme un slogan politique ou une amère réalité qu'on refuserait d'admettre tel un manchot voulant jouer à la Wii; mais en 2012 il n'en sera rien. Oublions les amères déceptions comme Spider Loc ou The Game. Oui, 2012 fut signe de renouveau et de fraîcheur grâce au nouveau messie de la cote ouest, le jeune Kendrick Lamar.

A la fois Messi et messie pour les fans de son californien. Adoubé par ses pairs. Kendrick Lamar est un jeune prodige qu'on ne présente plus désormais. Rappeur underground s'étant fait les dents grâce à Internet et surtout sa tape Section 80, il n'en fallait pas plus pour que le jeune de Compton se fasse signer chez le puissant Interscope de Jimmy Lovine, accessoirement boss de Dr Dre (un peu de hiérarchie ne fait pas de mal).

Parlons du docteur; dont la sortie de l'album a été prophétisé par les Mayas (un signe de fiabilité). Il est pour l'occasion producteur exécutif sur le premier album de son nouveau poulain. Premier gage de qualité et surtout preuve d'une confiance indiscutable pour le jeune rappeur. Et ce n'était pas gagner. Fraîchement débarquer sur Aftermath, mon premier ressenti d'observateur et de fan était de craindre une totale mise en tutelle de Lamar par l'armada de producteurs à la mode; qu'il soit d'Aftermath ou non, là n'est pas la question. Fort heureusement, il n'en fut rien et nous avons échapper de peu à un feat avec Lady Gaga (sur "Bitch Don't Kill my Vibe"); chose qui mérite d’être signaler, même si ma curiosité l'aurait souhaité avec force.

En parlant de force, je tiens à mettre en avant le coté "force tranquille" du rappeur de Compton qui a fait mouche. Ainsi, il parvient sans aucun mal à imposer son staff de Top Dawg Entertainent ainsi que ses producteurs attitrés tels que Terrace Martin ou Sounwave. Un nouveau gage de confiance qui est à mon sens à l'image de ce que la société et l'industrie véhicule comme messages. Pour être tout à fait concis; dans le monde actuel le temps de l'enfance est de plus en plus court. Bien entendu, nous sommes loin du temps où les enfants travaillaient au champs de patates sans apprendre à lire et à écrire. Mais nous pouvons nous étonnés que dans nos sociétés si "civilisé" le monde de l'adulte met encore une pression monstre sur les enfants. Du coup, il n'est plus rare de trouver des jeunes se passionnant très tôt dans un domaine (quand ils ne vivent pas les rêves de leurs parents frustrés) et qui semble finalement prêt (en apparence) à rentrer très tôt dans le bain.

Dans notre époque glorifiant l'image et la performance, nous souhaitons des jeunes productifs, malins, et assez débrouillard pour qu'on puisse leur laisser les clés (pour partir plus vite au soleil). Voila ce qu'est en filigrane Kendrick Lamar, malgré ce portrait assez froid et cynique.

Du coup, cette brève analyse se confirme par des faits dans la mesure où Dr Dre ne dirige pas l'album de son nouveau protégé. Sa contribution se limitant à un couplet et à un rôle d'inspecteur (de luxe) des travaux finis. Ainsi, K.D rompt avec les Snoop, Eminem, 50 Cent qui furent à l'époque totalement prit en charge par le docteur. Mais qu'est ce que Kendrick Lamar a en plus me dites vous ? La réponse est simple: rien de plus, rien de moins: sa singularité réside dans sa normalité. Tout comme ses aînés  il fut contraint de grandir vite, d'apprivoiser son environnement pour tenter de s'en émanciper (la vie d'un jeune tout simplement). La réeles différence à mon sens c'est que Kendrick est arriver chez Dre avec une vision artistique affirmées de ce qu'il voulait faire la force de l'âge (et les rêves) qui vont avec.

Résultat, ce premier opus échappe totalement à la caricature qu'on attend d'un album Westcoast. Pas d'apologie du Drive by shooting, du gangsta lifestyle ou autre revendication Bloods and Crips. Juste un album "simple" où l'artiste partage quelques tranches de vie. Une véritable bouffée d'air frai californienne garantie sans formatage ni bangers radio friendly (souvenez vous de "In da Club" ou "How we Do"). Mes amis, ce temps est révolu.

Jouissant d'une totale liberté artistique, GKMC sonne différemment de son précédent projet Section 80 qui faisait la part belle à un Kendrick beaucoup plus portés vers l'attaque. Une façon de montrer les crocs et d’asseoir une certaine crédibilité. Le succès de Section 80 aidant, le premier album officiel de Kendrick prend une toute autre direction grâce aux thématiques abordées et le virage semi autobiographique assumé. En conséquence, Good Kid, m.A.A.d City (le terme m.A.A.d renvoyant à : "my Angels on Angels Dust") pose le décors d'entrée de jeu. L'adolescence tumultueuse du rappeur dans les rues de L.A étant le sel de l'album saupoudré d'un storytelling crédible et de skit faisant intervenir ses proches (sa mère) apportent cohésion et fluidité au projet. Par conséquent, l'écoute de morceaux comme l'hilarant "Sherane aka Master Spleenters Daughter" narrant ses premiers amours, "The Art of Peer Pressure" et ses rapports avec ses mauvaises fréquentations ou le single "Swimming Pools (Drank)" et son rapport avec l'alcool; sont assez représentatif de l'ambiance globale de l'album, le tout avec une originalité et une fraîcheur salvatrice pour la Westcoast.

Finalement, la Westcoast sous perfusion et sous inhalateur trouve un nouveau souffle. Bien sur, des groupes comme The Pharcyde ou des gars comme Too Short (oui ça date), ont bien tenté d'apporter un virage neuf à la cote Ouest. K.D lui y contribue en faisant rentrer son camp dans la modernité, le tout en apportant ses diverses influences. Loin du dogme gangsta, loin d’être le projet d'un néo hipster reniant toute l'histoire d'une partie du Rap (qui a dit Lupe Fiasco ?). On se plaît à voir le vétéran MC Eiht venir prêter main forte sur le "m.A.A.d City" tout en appréciant la présence de Drake sur l'évocateur "Poetic Justice" samplant le "Anytime, Anyplace" de Janet Jackson. On appréciera d'autant plus le coté "eastcoast" apporter par un titre comme "Good Kid" (produit par Pharell) et ses sonorités Jazz/Funk du plus bel effet. Sans tomber dans la lèche et le namedropping à la The Game, Lamar trace sa route avec aisance et fait partager sa liberté artistique. En ce sens, l'auditeur a droit à des morceaux déroutant à l'image du long (douze bonne minutes) "Sing about Me" ayant droit à deux instru différents,  le banger "Backseat Freestyle" (produit par Hit Boy) ou encore des extensions de morceaux à l'image de "Swimming Pools" et son couplet en plus. 

On apprécie cette liberté artistique qui dépoussière les codes et en instaure de nouveaux. Kendrick Lamar à l'image de son idole Tupac Shakur n'est pas monoflow. Il varie, jam (improvise), swing, s'amuse et c'est tout naturellement qu'on s'amuse avec lui tout au long de l'album. Malheureusement, en toute chose il faut considérer la fin. Ainsi l'album s'achève avec un "Compton" à la fois efficace et fort en symbolique sur une prod de Just Blaze et en feat avec K.Dot.

Dans un monde où nous demandons aux enfants d’être des adultes. Dans un monde où on ne se surprend plus de rien. Dans un monde où tout acte d'émancipation ou de liberté peut être applaudi ou blâmer.  Quelle est la place de ce Good Kid, m.A.A.d City ? Classique ou coup de chance ? Je vous laisse juge. Une seule chose est certaine; par sa simplicité Kendrick Lamar a su crée un rapport de proximité avec une jeunesse ayant désormais ses propres codes, ses rêves et préoccupations. Le tout en étant un pont avec une génération aujourd'hui vétéran et prompt à passer le flambeau. Classique ou non Kendrick Lamar est bien parti pour porter la cote ouest  sur ses bras et peut être au delà qui sait. L'avenir nous le dira.

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